La ville de Mamers a construit et entretenu une dizaine de lavoirs publics au cours d’un siècle. La plupart se trouvaient sur la Dives. Cette petite rivière traversait la basse ville entre deux coteaux en formant une cuvette. C’était un cours d’eau large de deux mètres, endigué entre les murs des maisons particulières, quelques ponts de pierre permettant la circulation.

situation des différents lavoirs sur le plan cadastral numérisé de 1828      (Arch.dép.Sarthe PC/182/001)

 

plan Fort manoir 1851              Arch.dép.Sarthe 110 AC 420

En 1851, là où existe déjà une portion de lavoir, à Fort Manoir, rue des Bains, la commune a le projet de construction d’un lavoir couvert et dallé pour «la classe indigente». Le devis s’élève à 818 F pour un bâtiment de 12 m sur 3 m avec une charpente en chêne, couverte en tuiles. (Arch. dép. Sarthe, 110 AC 420) En janvier 1852, la commune régularise la construction d’un lavoir à ciel ouvert au quai Barutel en votant 30,75 F.

 

 

En 1877, le maire propose de faire construire «le lavoir projeté en avant du moulin à tan», réservant la construction des autres après cet essai. Le conseil procède, à la vente aux enchères publiques, des peupliers qui se trouvent dans le voisinage et les remplace par des saules. Un bassin existait déjà, puisqu’en janvier 1878, le devis de 800 F des travaux à exécuter par voie d’économie, concerne l’agrandissement et la couverture. L’essai a dû être concluant puisqu’en octobre de la même année, le conseil approuve les devis estimatifs des travaux sur les trois autres lavoirs : la Planche aux moines pour 740 F, Barutel pour 650 F et le Pissot pour 110 F soit un total de 1 500 F.

carte postale quai Barutel

Mais l’amélioration de ces trois lavoirs nécessite l’acquisition de la mitoyenneté des murs des jardins clos donnant sur la rivière : le droit de s’appuyer sur le mur pour installer trois poutrelles supportant la toiture, pour la Planche aux moines et Barutel, et le droit d’appuyer la toiture sur des crampons à sceller dans le mur, pour le Pissot. À chaque fois, l’enquête n’a soulevé aucune opposition mais aucun des propriétaires n’a voulu signer d’accord avec la mairie. Aussi, pour ne pas retarder les travaux de couverture, l’architecte-voyer propose une modification : à la Planche aux moines et à Barutel, les entraits seront supportés par des poteaux en chêne sur des dés fixés dans le lit de la rivière et au Pissot, les crampons à sceller seront remplacés par des poteaux en chêne et placés sur les extrémités du faîtage.

 

 

Une terrible catastrophe a frappé la ville basse le 7 juin 1904. Suite à un orage d’une rare violence et à des pluies diluviennes, la Dives s’est transformée en un torrent furieux qui a tout emporté. Dix sept personnes sont mortes.

   

carte postale

         SAUVETAGE HÉROÏQUE

 « Trois femmes, occupées à laver, étaient en danger. Les eaux montaient et déjà, le faîte d’un petit mur qui les abritait disparaissait sous les remous. Une religieuse se dévoua. La sœur ANASTASIA, âgée et peu ingambe, n’hésita pas. Elle se plaça à califourchon sur le faîte du mur, les jambes pendant dans l’eau puis, s’aidant des mains, elle entreprit de faire, au long du faite du mur, le parcours qui allait l’amener auprès des femmes.

Un officier, le capitaine DEROMME, vit l’héroïque tentative de la sœur. Il s’élança sur le mur, suivi de son ordonnance, le soldat LE HOUX et ils rejoignirent la religieuse au moment où celle-ci tendait le bras vers l’une des malheureuses. »  (Article sur le site histoire-généalogie)

 

En 1906, la ville achète une parcelle de terrain C 1110, rue des Ormeaux, à l’emplacement d’une maison détruite, pour construire un lavoir en remplacement de celui du Gué galerne qui était de l’autre côté de la rue et qui a été emporté lors de l’inondation. La réception provisoire du 7 avril 1906, indique un coût de 2 256 F.

En 1912, un nouveau lavoir, estimé 627 F, est construit quai Barutel.

Tout d’abord, dix mètres de parapet sont détruits et la rivière est mise à sec pour creuser des trous correspondant aux deux dés en béton. À cela s’ajoutent la construction des murs en briques avec les angles en pierre de taille de Villaines-la-Carelle, des voûtains en briques, une plateforme en béton de ciment et grave de la Persinière. La toiture à deux pans reposant sur quatre poteaux en chêne, est couverte d’ardoises carrées d’Angers et bordée de gouttières en zinc.

En 1919, des travaux de réparation sont confiés à M. FARCY charpentier à Mamers, selon le devis de l’architecte de la ville, M. GUILLOIS.

  • lavoir le plus près des Bains : 810 F pour la maçonnerie de surélévation de 80 cm du mur côté rue afin d’éviter les dégradations des passants. Pour cette reconstruction, on démolit le lavoir de l’abattoir (ville basse) et on en récupère les moellons et les tuiles.
  • lavoir du quai Barutel : 20 F pour refaire un trumeau de briques.
  • lavoir de la Busse, rue du Mans : 50 F pour remplacer la planche à laver par celle du lavoir de l’abattoir et rajouter des ardoises.
  • lavoir de la rue des Ormeaux: 98 F pour réparer une partie du mur en ciment et remettre des tuiles.
carte postale

 

Lavoir du quai Barutel, rue de Cinq ans

plan 1933        Arch.dép.Sarthe 2 O 181/13

 

En 1933, le lavoir du quai Barutel est en mauvais état et la cote d’eau est trop basse. La municipalité vote l’achat d’un terrain, estimé 1 000 F, rue de Cinq ans. Cette acquisition par expropriation pour utilité publique va finalement coûter 1 500 F et permettre la réalisation de ce lavoir en ciment armé, pour une dépense de 10 200 F. (Arch. dép. Sarthe, 2 O 181/13) C’est le seul lavoir encore existant.