Lavoir de la Tortaigne
Place de la mairie
Le 31 août 1935, la municipalité décide d’établir un lavoir public dans l’agglomération du bourg, près de la Place du Monument en même temps qu’un vannage mobile sur la Tortaigne ; ce qui éviterait les inondations et faciliterait le nettoyage, en aval du ruisseau. Les riverains étant d’accord pour l’établissement de ce barrage, le préfet accepte le projet.
(Arch.dép.Sarthe, 2 O 264/8)
Il a été restauré dans les années 2000.

Lavoir des Grands Moulins
En 1904, la municipalité veut acheter tout le terrain nécessaire dans le pré des Grands Moulins, cadastré L n°385 et 386, pour édifier un lavoir et un abreuvoir avec le droit de passage dans le pré. Ce lavoir sera situé sur le Loir, à 200m au sud du bourg. «C’est le seul emplacement possible, ailleurs le Loir est trop profond pour l’abreuvoir» note l’architecte.
Début 1905, lors de l’enquête pour la déclaration d’utilité publique, le commissaire-enquêteur constate que «la commune ne possède ni lavoir ni abreuvoir publics, que le plus grand nombre des habitants n’en possèdent pas non plus et ne peuvent en établir vu qu’ils ne sont pas propriétaires des terrains sur le bord de la rivière. C’est urgent de construire un lavoir public et d’établir un abreuvoir». Un arrangement à l’amiable est finalement trouvé entre le maire et le propriétaire du pré et l’acte de vente est signé le 14 juillet 1905. Et l’adjudication des travaux a lieu le 23 juillet.
Fin décembre 1905, lors de la réception définitive, le décompte de 2 286,49 F, décrit une construction en moellons et briques belges avec un dallage en ciment. Le plancher est mobile et la couverture est en ardoises.
(Arch.dép.Sarthe, 2 O 264/8). Ce lavoir n’existe plus.
Lavoir de la Hussaudière
Route de la Troparie à 1200m du bourg
C’est en 1910, que la municipalité envisage d’établir un lavoir de 8 m de long, couvert en ardoises, dans ce hameau. Les murs sont en moellons fournis par les propriétaires voisins et en briques «au charbon»; le pavage est en briques belges. Une vieille boîte d’essieu de voiture en fonte, est employée pour la réalisation de la bonde! Le devis est de 964,65 F.
(Arch.dép.Sarthe, 2 O 264/8)
De grosses pierres posées debout retiennent les terres autour du bassin et une petite cheminée d’angle apportait un peu de confort aux laveuses.
Lavoir de Dauvers
Impasse du lavoir
Toujours en 1910, les habitants de cette autre partie du village vont aussi avoir leur lavoir public couvert en ardoises avec le même système de bonde et une maçonnerie en briques belges. Trois portes en sapin, à glissière, y accèdent. Les travaux sont estimés à 1 080,41 F pour cette construction de 7 m de long.
(Arch.dép.Sarthe, 2 O 264/8)
Lavoir de la fontaine des Ferrières
Vallée aux Thermeaux, route de la Chapelle Gaugain
Le 10 novembre 1913, le préfet approuve la construction d’un lavoir sur le terrain communal, cadastré C.n°307, au bord du ruisseau des Ferrières. Une souscription de 128 F participe au paiement de la construction de ce bassin, estimée 250F.
Le 10 avril 1935, le Conseil municipal accepte un versement de 274 F de souscription des usagers du lavoir, habitant Vancé, pour la construction d’un abri car le travail est terminé.
(Arch.dép.Sarthe, 2 O 264/8)
La charpente métallique supporte une couverture et un entourage en tôles ondulées. D’après un voisin et usager, ce lavoir est situé sur la source des Ferriers, nom provenant de l’ancienne mine de fer. L’eau serait potable.
Monument aux morts
Place de la mairie
A la mémoire glorieuse des enfants de Ruillé-sur-Loir
morts pour la France
1914-1918

Ce monument est dans un espace bien délimité végétalisé et fleuri. La dédicace est gravée sur une plaque fixée sur le socle de cette pyramide qui porte une croix de guerre sculptée. Les noms de 56 soldats dont 6 disparus sont gravés en lettres dorées, par année sur deux plaques fixées latéralement. Les noms de 13 victimes de la guerre 1939-1945 dont 4 déportés sont inscrits sur une plaque apposée sur le fût.Une plaque a été ajoutée pour Maurice DODIER Indochineet une autre pour Michel NAIL Afrique du Nord.




Au pied du monument, une urne a été déposée contenant de la terre d’un camp de concentration, rappelant la mort en déportation; de même la plaque de l’UNACITA rappelle la rafle des 4 et 5 mai 1944.
Le 31 août 1919, le conseil approuve la délibération de la Commission administrative de l’hospice concernant les 1 000 F accordés pour la souscription communale en vue de l’érection d’une plaque commémorative pour les soldats de la commune « Morts pour la France ». Le même jour, le maire invite le conseil à fixer le montant de la subvention communale à allouer pour commémorer la mémoire des héros et la possibilité d’accorder une subvention qui permettrait d’ériger un monument au lieu et place de la plaque commémorative. Le conseil vote une subvention de 2 000 F et décide d’utiliser les 4 190F de souscription pour élever ce monument.
Malheureusement, le préfet refuse la participation de l’hospice ! Si noble que soit le but envisagé, j’estime que la dotation charitable ne peut être affectée à un tel objet. Il propose au maire de refaire une quête auprès des habitants ou de prélever un crédit sur les disponibilités communales ou d’obtenir le concours de l’État. Le 9 mai 1920, le maire informe le conseil que la société « L’Union sportive de Ruillé-sur-Loir » attribue une subvention de 200 F pour l’érection du monument.
En juin, le maire met le projet de construction du monument dressé par M. Arthur Murisseau, entrepreneur à Ruillé, à la disposition du conseil pour examen. Le conseil approuve le devis de 6 291,50 F. La commission spéciale accepte le projet en août. M. Murisseau s’engage à construire un monument et à fournir tous les matériaux nécessaires, plaques de marbre, inscriptions, entourage avec chaînes. La commune fournira les pierres dures pour l’emmarchement. Le préfet approuve ce traité.
(Arch. dép. Sarthe 2 O 264/8)
Dans le haut du cimetière, ce carré militaire rend hommage aux victimes des guerres 1870-1871, 1914-1918 (2 tombes) et 1939-1945 (2 tombes musulmanes)
Monument paroissial
Nef, sur le pilier à gauche
A la mémoire des enfants de la paroisse de Ruillé sur Loir
morts pour la France
1914-1918
Les noms et prénoms de 55 soldats dont 6 disparus, sont gravés en lettres dorées, par année sur cette plaque de marbre noir. Une plaque a été posée au-dessous pour les victimes de 1939-1945 dont le curé de la paroisse et 4 déportés.
Guerre 1870-1871
Cimetière
Ces deux plaques remplacent les traditionnelles tombes conformes à la loi de 1873: d’un côté 11 soldats français et de l’autre, 3 soldats allemands.
11 soldats français ont été réinhumés dans un terrain de 2 mètres concédé à l’État. Une autre concession de 2 mètres a été achetée pour la sépulture de 3 militaires allemands. L’ État a fait placer des grilles en fer autour de chaque tombe.
(Rapport de 1878 de M. de Marcère ministre secrétaire d’État au département de l’Intérieur; exécution de la loi du 4 avril 1873 relative aux tombes des militaires morts pendant la guerre 1870-1871)
Guerre 1939-1945
Carré militaire du cimetière
Hommage au tirailleur fusillé le 11 juin 1941
Grâce à Thierry Bomben, enseignant au lycée Nazareth, un hommage a été rendu à Omar LOUANCHI avec la participation des élèves du lycée, mercredi 12 juin 2024.
Le contact noué entre la famille de ce soldat et l’enseignant a permis de retracer son parcours.
Né le 14 octobre 1908 à Dellys en Algérie, Omar a 32 ans quand il doit partir se battre en France, laissant parents, épouse et leurs deux filles. Incorporé par l’armée française dans le 5e régiment de tirailleurs algériens sous le matricule 2223, il arrive au camp de Grand Val, dans le Loiret, en juin 1940. Il y retrouve des tirailleurs d’autres colonies françaises, des camarades sénégalais. Après s’être battu du côté de Saumur et de Montsoreau, dans le Maine-et-Loire, il est fait prisonnier le 16 juin 1940 par l’armée allemande avant d’être envoyé au camp d’internement de Mulsanne, sous le matricule 5521. Affecté au kommando agricole de Ruillé-sur-Loir,il est placé dans une ferme du château La Ville, logé sur place dans une dépendance sous bonne garde.
Après un an de détention, il décide de s’évader en compagnie d’autres prisonniers, le 11 juin 1941. A 14h30, il est fusillé par ses gardes. Son corps repose au carré militaire du village, au côté de MESSAOUDI Saïd, lui aussi indiqué « mort pour la France » le 11 juin 1941.
article Ouest-France 15 juin 2024
Contact: thierry.bomben@lppnazareth.com
Guerre 1939-1945: Résistance
Dans Ruillé-sur-Loir, prendre la D58 puis D228 direction Courdemanche; après quelques kilomètres, prendre à droite le C154, ferme de la Butte
Terrain de parachutage « Caramel »
Après le débarquement du 6 juin, les Alliés ont besoin de terrain pour parachuter hommes, matériel, armes pour libérer le territoire. Comment ce terrain a-t-il été choisi? Quels opérations se sont déroulées? Ce totem donne toutes les explications.
Le nom de Jeannine Rivière, figure de la Résistance à La Chartre-sur-le-Loir apparaît ici, pour ce terrain de parachutage.
Suivre le chemin empierré sur 2 kms, tourner à gauche; à 600m, ferme face aux étangs du Pas de boeuf
Hommage au lieutenant Michel Gadois
tombé ici le 8 août 1944
Le maquis de la Chenuère sous la direction de Solange Dubuisson, avec Michel Gadois accueillle réfractaires au STO, aviateurs américains abattus, déserteurs russes de l’opération Todt. Le 8 août 1944, à la ferme de la Duretière, le groupe de maquisards attaque une position allemande. Michel Gadois, blessé, est fusillé par les Allemands.
« C’était le système débrouille »
« Ça fait 80 ans que ça dure », voici les premiers mots que confie avec le sourire Solange Alexandre quand on lui pose une première question sur ses actions en tant que Résistante. 80 ans après la Libération, la Sarthoise n’a rien oublié.
Née à Mamers, elle grandit au Mans. Mais la force des choses l’amène dans la vallée du Loir aux débuts de la guerre. Institutrice à peine diplômée, c’est début 1943 que tout commence avec la Résistance pour Solange Alexandre. Dans le renseignement, elle finit par coordonner son propre groupe de réfractaires. « On a créé le maquis ici, explique-t-elle. J’avais 32 garçons qui devaient aller travailler en Allemagne, avec la classe 42 ». Aucun ne traversera le Rhin pour faire son Service du travail obligatoire (STO). Ils se rassemblent et s’organisent au lieu-dit l’étang du Pas-de-Bœuf, près de Ruillé-sur-Loir.
Pendant plus d’un an, chacun se forme à la guérilla et aux sabotages. « C’était le système débrouille », ajoute-t-elle. Les opposants aux Occupants se rassemblent et se préparent. « On a ramassé les gens qu’on pouvait sauver ». Avec le vent qui tourne pour l’Allemagne nazie et le Débarquement qui a lieu en juin 1944, tout va s’accélérer pour le maquis.
À l’époque, elle investissait sans compter pour la réussite de son groupe de résistance. « On avait sorti toutes nos économies dans le maquis. On a toujours trouvé ça naturel ». Derrière cette implication, la vie de maquis pour Solange Alexandre s’est faite sans recul. Elle raconte : « on n’avait pas conscience des risques. Il faut dire que j’ai grandi dans un bouillon, dans une famille où mon père était un ancien combattant de la Première Guerre mondiale ».
Une opération rapide mais efficace
Entre juillet et août 1944, la Sarthe libre prend le pas sur les occupants à l’uniforme grisâtre, alors en pleine débâcle. Une situation inattendue finie alors par se présenter au maquis de Rouillé le 8 août 1944. « On revenait avec nos armes, on venait de faire sauter un train », raconte Solange Alexandre. De retour avec « ses garçons », ils se retrouvent alors face à une tablée de soldats allemands, armes déposées, en train de déjeuner. « Le guetteur s’est, d’un coup, mis à hurler. Les soldats se sont précipités, et même bousculés pour récupérer leur arme », retrace la Résistante. « On s’est retrouvé à se battre à la Durtière contre une faction SS qui remontait vers la Normandie ».
Dans les échanges de tirs, peu de pertes du côté de la Résistance. Mais il y en a eu quand même. « On n’a pas eu le plaisir de fêter, car on était en deuil », confie-t-elle. « La libération s’est faite dans le drame. » En cause, Michel Gadois, un camarade de longue date a été tué. La Sarthoise se souvient parfaitement de ce moment. La peur du sang du Résistant l’a fait s’évanouir et « il a été assassiné. Mais il n’a eu peur de rien », tient-elle à rappeler.
L’ancienne combattante se rend encore dans des écoles pour partager son vécu aux enfants, et les combats qu’elle a mené pendant l’Occupation. « Les jeunes me demandent souvent si j’ai tué des Allemands », se remémore-t-elle. « mais c’était eux ou nous. »
Chez les FFI jusqu’à Tours
Avec ce combat, ce fut la fin de la clandestinité pour le maquis. Sous l’Occupation, chacun se protégeait avec des noms de codes, un vocabulaire caché. « On ne donnait aucun nom, tout se faisait par le bouche-à-oreille », détaille celle dont le pseudonyme était « Corlay ». Il y avait une véritable peur à être dénoncé, une méfiance.
« On était aidé, mais pas régulièrement », constate Solange Alexandre. Parmi ces meilleurs alliés : un vélo qui lui a permis de rejoindre différents points de la Résistance entre les Pays de la Loire, la Bretagne et la Normandie. Avec le soutien de Louis Rustin notamment, elle a pu échanger des vivres contre, entre autres, des chambres à air de l’entreprise Rustine.
Avec la Libération de la Sarthe, le maquis ne s’arrête pas de résister. Solange Alexandre raconte la suite des événements : « on a ramassé des prisonniers et on les a emmenés au Mans ».
Le combat ne s’est pas arrêté pour Solange Alexandre et ses acolytes qui ont rejoint dans la foulée les Forces françaises de l’intérieur (FFI). « On s’est engagé pour la suite de la guerre. On a combattu avec des officiers de l’armée française ». Au sein d’une armée de métier, ils ont été jusqu’à libérer Tours et Joué-lès-Tours. Pour le coup, la chance a davantage souri aux troupes. « On s’est battu mais on n’a pas eu de pertes ». La Résistante est restée avec les FFI jusqu’à fin août.
L’après-guerre en quête de normalité
Comme dit précédemment, Solange Alexandre a pu se rendre dans de nombreuses écoles, collèges et lycées de tous types pour parler de son activité de Résistante. « J’ai toujours eu des auditeurs à l’écoute. Ils sont très intéressants, même les enfants et les jeunes. Ça fusait dans les questions ».
Si retracer son histoire auprès des plus jeunes a toujours été positif. Elle est plus réservée lorsqu’est abordée la question des reconnaissances dues à ses actes. Elle va presque jusqu’à banaliser ses actions passées : « ce que j’ai fait est dans la logique des choses ». Cela lui paraît même totalement normal « quand on aime la France ».
Avec la fin de la guerre, des combats, « j’ai retrouvé une vie normale, je me suis marié avec un des gendarmes déserteur » qu’elle a rencontré dans le maquis. Entre la Nouvelle-Calédonie et la Martinique, Solange Alexandre a quitté un temps l’hexagone pour suivre son mari resté militaire après la guerre. De retour en France métropolitaine dans les années 1980, elle a repris son métier d’institutrice jusqu’à la retraite.
Aujourd’hui, elle est citoyenne d’honneur de Ruillé-surLoir, et elle possède même une place à son nom. Si elle a longtemps refusé, c’est la mairie de la commune qui a fini par lui faire la surprise il y a près deux ans.
La première centaine passée, Solange Alexandre ne manque pas de peps au quotidien. Marie-France Déliot, sa fille de 76 ans, est catégorique. « Elle a encore la pêche ! », glisse-t-elle, sourire aux lèvres.
Le 9 septembre prochain, Solange Alexandre, de son nom de jeune fille Dubuisson, soufflera ses 102 ans. La Résistante compte bien continuer à profiter de « sa vie normale », pour laquelle elle s’est battue il y a près de 80 ans maintenant.
Article du Petit Courrier Écho de la vallée du Loir du 14 août 2024
























