Lavoir
Au bord de la D19, direction Neufchâtel.
Ce village bénéficie de deux lavoirs situés sur le même ruisseau qui se jette dans la Semelle: l’un à la source, en forêt et l’autre dans le bourg. Ces deux lavoirs sont restaurés.
C’est en 1921 que le Conseil municipal projette de remplacer le petit lavoir de La Rue par un autre de douze places avec quatre planches à laver en chêne autour du bassin carré. Deux côtés seront protégés par un hangar dont les poteaux en chêne sont posés sur des dés en granit d’Alençon. Celui-ci sera clos sur l’arrière et les côtés par des planches en bois blanc, couvert en ardoises et fermé par une porte en bois blanc. A l’est du lavoir, un abreuvoir pavé en moellons de grès de Fyé, sera établi. Le chemin d’accès sera empierré de grès cassé provenant de Cherisay.
Lavoir
Sur le C2, impasse de la Louverie.
L’accès est aisé en voiture mais avec une brouette chargée de linge humide, la pente est raide ! Presqu’en haut du chemin, une petite allée mène au lavoir. Les femmes de ce hameau ont dû attendre février 1953 pour laver à l’abri des tôles ondulées galvanisées. Mises à part les fondations en moellons, l’ensemble du bassin est cimenté: dallage, marche et seuil. Le bardage bois repose partiellement sur un muret en parpaings.
(Arch. dép. Sarthe, 229 AC 38 ; 2 O 5/7)
Monument aux morts
Arrière de la mairie et près de l’église
A la mémoire des enfants d’Ancinnes
morts pour la France
1914 1918
1939 1945
Cette pyramide simple, sur un double emmarchement se trouve à l’arrière de la mairie et près de l’église. Les noms de 43 soldats sont gravés par année sur trois faces du socle.
Sur le fût de la pyramide, d’un côté, la guerre 1939-1945 ainsi que l’Indochine:
- 1939-1940 3 noms;
- la Libération d’Ancinnes 5 noms pour les militaires de la 2e DB;
- deux déportés: De Monthalembert Arthur Lieutenant de la résistance Mauthausen 16-12-1944 et Lotin Paul Lieutenant de la Résistance Lublin 8-3-1944;
- fusillé Tessier Aimé 11-6-1944 à Graçay Cher
- 1946-1947 campagne d’Indochine Sangleboeuf André et Royer Edmond
et de l’autre la Libération:
- civils tués 22-5-1944 noms cachés
- 11 août 1944 Libération d’Ancinnes Huet Marie, Poirier Gaston, Poirier Jacqueline, Poirier Jean, Poirier Gérard
- déporté STO Durand Maurice
Une plaque en hommage au Général Leclerc est apposée à la base. Au bord de la route, près de l’église, un espace est consacré à la Libération d’Ancinnes par la 2e DB.
Dès le 17 novembre 1919, la municipalité projette de commémorer ses morts. Sans doute, le maire a-t-il reçu un devis car il fait déjà état d’une demande de subvention à la préfecture.
À la fin de l’année 1920, le conseil municipal vote un devis de 2 719,60 F établi par M. Mordefroy, marbrier Grande Rue à Alençon. Il prévoit une pyramide en granit belge poli posée sur un emmarchement en granit d’Alençon. Le montant des travaux est financé par 1668,50F de souscriptions et un crédit communal de 2 000 F. En janvier 1921, la municipalité décide de placer le monument dans le cimetière.
(Arch. dép. Sarthe 2 O 57)
Cependant, le 11 novembre 2015, tout le village est invité à l’inauguration du déplacement du monument. C’est la deuxième fois ! En 1921, il était érigé dans le cimetière. Suite à des besoins d’élargissement de la route, il se retrouve devant la porte principale de l’église. Mais cet emplacement entre l’église et la route, est devenu trop exigu pour les commémorations. Désormais, il est établi dans un espace végétal attenant à l’église et à la mairie.
Monument paroissial
Nef de l’église
DIEU PATRIE
Aux enfants d’Ancinnes
morts pour la France
Priez Dieu pour eux
Libération par la 2e DB
Près de l’église
Deux plaques explicatives, l’une pour le parcours de la 2e DB et l’autre pour les combats à Ancinnes sont implantées de chaque côté de la borne du serment de Koufra. L’ensemble de ces évènements se trouvent sur le site de la voie de la 2e DB.
témoignage de Marie-Thérèse Hermenault, 92 ans, sur ce 11 août 1944
« Nous étions réfugiés dans une tranchée que mon papa avait faite à la ferme de Beauvais où nous étions avec d’autres habitants. Ensuite, après les combats, nos parents nous ont rapatrié dans le bourg de Louvigny, chez nos grands-parents. Nous, les quatre enfants, sommes restés chez nos grands-parents et nos parents sont repartis dans notre ferme de l’Aubépine, pour traire les vaches et déblayer les animaux morts dans les accrochages entre l’ennemi et les Alliés. Nos parents voulaient nous protéger de cette vision. » (article Ouest-France du 8/8/2024)
plaque passage de la 2e DB

Lors des cérémonies du 81e anniversaire de la Libération dans le Nord Sarthe, les représentants des diverses associations civiles et militaires, les porte-drapeaux, les anciens combattants, les pompiers et les musiciens étaient rassemblés le 11 août 2025, à la stèle au lieu-dit Geneslay puis à la découverte d’une plaque dans le centre bourg, marquant le passage de la 2e DB.
Rappelant que lors des combats de la Libération, les pertes militaires françaises ont été de 4 morts, 8 blessés graves et 15 blessés légers; les pertes civiles de 5 morts et 4 blessés, les pertes allemandes de 9 morts et 27 prisonniers.
Cette plaque est apposée « passage de la 2e DB », situé entre la rue Malo et l’espace Schwarme. Cet emplacement est un trait d’union entre le résistant André Malo et le rapprochement franco-allemand par l’intermédiaire du jumelage avec cette commune allemande. (article du Maine Libre du 12/08/2025)
Résistance
LOTTIN Paul, garagiste à Ancinnes, ne reste pas insensible à l’écoute de radio Londres appelant à se regrouper pour le combat et il exprime ses sentiments à haute voix publiquement; cela lui vaut une première arrestation le 19 décembre 1942, sur dénonciation. Le tribunal allemand le juge et le libère le 30 janvier 1943, le considérant victime d’une vengeance personnelle. Son incarcération ne fait que renforcer ses sentiments et détermine son engagement au réseau de l’ouest Buckmaster. Il reçoit mission de rassembler ceux qui voudraient se joindre aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).
ARTHUR DE MONTALEMBERT
Il travaillait pour la Résistance en liaison avec Londres. Il avait favorisé de nombreux passages en Angleterre et préparé, par une série d’audacieuses reconnaissances sur les côtes normandes, le débarquement allié, tant attendu.
Paul Lottin l’enrôle à ses côtés; celui-ci installe son Poste de Commandement dans sa propriété au lieu-dit « Vaubezon ». La configuration du territoire paraît appropriée pour des parachutages d’armes mais il faut des effectifs pour la réalisation.
ANDRE MALO, apprenti chez le garagiste et PAUL DRECQ, receveur des PTT sont contactés en mai 1943, pour épauler le groupe.
Quelques mois s’écoulent, les structures d’organisation se mettent en place; un poste émetteur est installé dans la tour de Vaubezon et un parachutage est annoncé pour la nuit du 14 au 15 juin 1943 avec le message : « Elle est bleue au fond rouge ». Un cheval prêté par M. Larpent de Livet et une vachère empruntée à M. Drouin de Louvigny permettront le transport de 4 tonnes de munitions et explosifs; il a fallu plusieurs nuits pour les mettre en sécurité dans les bois de Vaubezon. Un autre parachutage était prévu entre le 7 et le 10 juillet malheureusement, le 9 juillet, la Gestapo, guidée par le même traître, arrête Paul Lottin et capture les armes. La police allemande se présente au domicile de Mme Poupard qui hébergeait André Malo qui parvient in extrémis à échapper à ses poursuivants. Paul Drecq a aussi le temps de s’enfuir avant que la Gestapo n’investisse la poste. Arthur de Montalembert, prévenu, a le temps de s’enfuir dans la forêt proche.
Paul Lottin est déporté et meurt dans une chambre à gaz le 8 mars 1944.
Paul Drecq est resté caché dans le clocher pendant 2 ou 3 jours. (l’abbé Luçon n’avait pas participé à l’action du réseau mais les résistants pouvaient compter sur son aide). Il a gagné une grange à Thoiré-sous-Contensor puis à Montigny. Au bout de plusieurs mois, il se risqua à revenir voir sa famille de temps en temps (certains gendarmes de Neufchâtel-en-Saosnois le savaient ainsi que certains voisins). Il était à Ancinnes le jour de la Libération. Il partit d’Ancinnes pour Valenciennes peu après.
Arthur de Montalembert tomba dans une souricière en octobre 1943. Envoyé à Fresnes, il déclara tout de suite: « Vous pouvez me torturer, me fusiller, je ne dirai rien ». Il partit pour l’Allemagne et son père fut libéré en compensation. Il arriva à Mauthausen en mauvaise santé après les coups reçus, travailla dans une carrière et soumis à des traitements inhumains, il mourut le 17 décembre 1944.

Caché dans un fossé, André Malo va attendre la fin de journée pour regagner la forêt de Perseigne et se rendre chez M. et Me Paté; celle-ci file chez Me Poupard lui prendre des vêtements de rechange. Il va changer plusieurs fois de domiciles chez M. Geslin Raymond à Champfleur puis chez M. Ruel à Oisseau-le-Petit et aussi d’identités: Prunier puis Lefrançois. Sous cette identité, il est rattaché à Champeaux dans l’Orne. Pendant ce séjour de quelques mois jusqu’en mars 1944, il prend contact avec le réseau de Mamers . Sollicité pour un nouveau parachutage à Saosnes, il accepte et couche dans un grenier isolé dans une prairie, les arrestations étant nombreuses. Le réseau de Mamers en a été victime en avril 1944. Le 12 août, il va revenir à Ancinnes, libéré après de très lourds combats (voir ci-dessus).
A ceux qui accorderaient le temps d’une attention à ce passé, je demande d’en mesurer la valeur car les libertés d’aujourd’hui en découlent. Puissiez-vous les conserver aussi fraternellement que ceux qui les ont si chèrement acquises et si cruellement défendues. André Malo
André Malo va se marier en 1947. Avec sa femme, ils prendront les rênes de l’épicerie du village. Ils auront deux enfants. André Malo sera maire d’Ancinnes pendant 25 ans et 5 ans conseiller municipal. Il est décédé le 7 août 1998. Une rue porte son nom.

(renseignements auprès de sa fille Anne-Marie Mathieu)




















