Lavoir des Grands Cours sur la D4

Ce lavoir, au bord d’un « ruban » qui se jette dans la Vègre, appartient à la fois au riverain et à la municipalité. Celle-ci en a assuré la restauration.

Lavoir de la ville basse (place du lavoir)

Le 10 mai 1823, le Conseil municipal vote 600 F pour établir un lavoir couvert car

«il est tenu de s’occuper de satisfaire l’un des besoins les plus urgents des habitants en rétablissant un lavoir alimenté de sources abondantes, situé dans les derrières de la ville. Ce lavoir, bien entretenu, pourrait être un objet de revenus pour la ville. (….)La toiture reposerait sur quelques masses ou piliers de pierre, placés aux angles principaux, liés et joints par une murette d’appui».

Le devis de 2 275 F établi par l’agent-voyer qui s’est rendu sur place, concerne un lavoir pavé de 12 m de long sur 4 m, couvert en ardoises. Suite aux intempéries et au refus du propriétaire de la carrière de laisser extraire les pierres nécessaires, le chantier ne se termine qu’en 1825.

Cadastré B n°  515, en 1830, seule, la place du Lavoir, évoque son existence.

Lavoir des Vignes

Le 29 février 1848, le Conseil municipal réclame un autre lavoir public, sur le chemin vicinal de grande communication n° 26, aux Vignes. Des travaux seront réalisés dans ce « grand lavoir » en 1910 pour un montant de 5 997 F par un entrepreneur de Sillé, M. Alexandre FOUCAULT.(Arch. dép. Sarthe, 2 O 243/13)

carte postale association de Sauvegarde des lavoirs

« Le lavoir fait des vagues sur les ondes »

Tel est le titre de l’article paru dans le journal Ouest-France du 18 juillet 1985. Alors que le Conseil municipal vient de voter son abandon à un riverain, deux opposants tentent de le sauver en s’adressant à Pierre BONTE qui anime sur Europe « Allo, c’est à vous » tous les jours de l’été. Et l’article de conclure « C’est ainsi que le séculaire et modeste lavoir de Sillé-le-Guillaume, à sec depuis longtemps a pourtant fait des vagues sur les ondes! Reste à savoir si ce sursaut lui évitera le naufrage… » Non, le lavoir a laissé la place à des garages.

Monument aux morts au fond de la place de la République, face à la rue du Général Giraud

Aux soldats de Sillé-le-Guillaume

morts pour la France

1914-1918 et 1939-1945

Ce pilier commémoratif en pierre est surmonté d’un coq en bronze. La dédicace est gravée sous une guirlande de feuillage avec croix de guerre sur le fût; l’emblème de la ville est gravé sur le socle. Les noms et prénoms de 91 soldats sont gravés en lettres noires, par année, avec l’indication de leur grade, sur trois faces; des inscriptions se retrouvent sur deux faces du socle dont les 3 victimes de 1939-1945 et une victime A F N.

emplacement

Le 5 juillet 1919, le conseil, sur proposition de M. Louis Lejars, maire, décide, en principe, la création d’un monument commémoratif à placer dans le cimetière et nomme une Commission de 6 membres, chargée d’étudier cette question et de faire le nécessaire. Le 15 novembre, le maire expose les six projets soumis par la Commission : 2 par personne, M. LE FEUVRE et M. GAULLIER, sculpteurs manceaux et  M. FOUBERT, architecte de la ville; cette dernière porte son choix sur un projet de M. LE FEUVRE, originaire de Sillé. Le conseil approuve le choix de la Commission et le devis de M. LE FEUVRE mais préfère laisser la nouvelle municipalité choisir l’emplacement. La dépense sera couverte par le reliquat de 6 440,65 F de la gestion de l’hôpital bénévole, remis par son président à la mairie pour l’exécution du monument. Enfin, il autorise M Le Feuvre à présenter une maquette en plâtre au 1/10e de l’exécution.

Le 14 avril 1920, le nouveau maire, M. Jules Dejan,  lit le courrier de M. LE FEUVRE proposant d’exécuter le monument conformément à la maquette exposée aux bureaux des « Alpes mancelles », pour la somme de 25 000 F. Le conseil accepte le prix à condition qu’une clause stipule que le poilu soit exécuté par un statuaire et que le modèle soit soumis , avant son exécution, à l’agrément du conseil ou de la Commission. Par ailleurs, il demande que l’inauguration du monument puisse avoir lieu le 11 novembre 1920, anniversaire de l’armistice, laissant ainsi à l’artiste, le temps nécessaire à l’exécution d’une œuvre soignée et digne des morts. Le conseil désigne l’extrémité est de la place de la République , comme emplacement ; le monument faisant face à la rue du commandant Levrard.

Ensuite, 15 commissaires sont nommés pour recueillir les souscriptions à domicile. Une souscription permanente est ouverte à la mairie et chez le percepteur. Les noms des souscripteurs et leur offrande seront publiés chaque semaine dans le journal « les Alpes mancelles ». La municipalité fait le plus pressant appel aux sentiments généreux de la population qui tiendra à l’honneur de commémorer la vaillance de nos enfants tombés à l’ennemi pour le salut commun. Ils ont sans hésiter versé leur sang pour nous, pourrions-nous leur marchander le juste tribut de reconnaissance auquel ils ont droit.

Le maire est autorisé à passer une convention avec M. LE FEUVRE; la dépense sera couverte par le reliquat de la gestion de l’Hôpital bénévole, la souscription publique, la subvention de l’État, la subvention communale.

Le 3 mai 1920, un traité de gré à gré, de 2 300 F, est signé entre le maire et M. Alphonse ROSSIGNOL, entrepreneur, rue de Bretagne à Sillé pour exécuter les travaux de fondations, déblais, bétonnage de l’excavation, dans un délai de 15 jours maximum, sous la surveillance de l’architecte de la ville. De même, une convention est passée avec M. LE FEUVRE qui s’engage à exécuter un monument en roche dure d’Euville (Lorraine), ainsi que le poilu. Le coq qui le surmonte sera en bronze. La hauteur totale sera de 6 m. Le monument recevra sur la face antérieure, les ornements et inscriptions figurant sur la maquette. La face postérieure portera seulement un cartouche aux armes de la ville. Sur les faces latérales, seront gravés en lettres dorées les noms des soldats de Sillé morts au Champ d’Honneur. Le coq et le soldat seront exécutés par un statuaire et que les modèles seront soumis à la Commission qui s’entourera d’artistes compétents comme M. LAFFILEE, architecte du gouvernement. Le monument doit être terminé pour le 11 novembre 1920, sous peine d’une amende de 25F par jour de retard ou une récompense de 5F par jour s’il est prêt avant.

Le 29 juin 1920, le maire informe M. LE FEUVRE que la Commission a accepté qu’il construise le monument mais a refusé la statue du poilu, jugée non conforme au modèle de la jolie maquette en terre glaise. En conséquence, il sera différé au paiement dû, jusqu’au remplacement du poilu actuel par une statue conforme à la maquette et à la photo.

Le 5 juillet 1920, M. SAIN, statuaire 7 rue Belloni à Paris exprime sa surprise face à la décision de la Commission envers sa statue. C’est la première fois qu’un pareil fait se produit dans sa carrière artistique. Il n’a toujours eu que des éloges à la suite de travaux d’art commandés par l’État, villes ou particuliers. Je n’accepte d’aucune façon ce refus car j’ai tenu scrupuleusement mes engagements vis-à-vis de vous. Cette statue terminée et exécutée par moi est l’interprétation de mon modèle dans la pierre de Lorraine. Cette pierre ne permet pas de détails mais demande une facture large et aucun artiste ne l’aurait mieux exécuté que moi. […] Si cette statue ne rend pas l’effet désiré c’est que les proportions ne sont pas bonnes. Il fallait s’en rendre compte avant d’accepter les dessins et les maquettes. […] Je n’ai rien à voir dans ce refus ayant tenu exactement mes engagements en traduisant moi-même dans la pierre mon modèle accepté par la Commission.

Le 28 avril 1921, M. LE FEUVRE s’en remet au secrétaire général de la préfecture pour dénouer ce différent pour un travail exécuté pour le compte d’une commune après un marché passé le 18 juin 1920 et approuvé par le préfet.  Selon lui, ce monument, non terminé, a été inauguré le 21 novembre 1920, par le préfet. Complètement terminé en février, la réception à laquelle il n’a pas été convié, a dû être faite le 17 mars 1921. D’autre part, il proteste contre le retard de paiement et explique que le travail était fini depuis trois mois quand il a appris que M. LAFFILÉE, architecte à Paris, mais architecte en chef des Monuments historiques de la Sarthe, à l’époque, a déclaré que cette statue devait être exécutée par un statuaire ; clause préjudiciable pour lui car il avait donné son prix forfaitaire et a fait faire la statue à M. SAIN, artiste statuaire médaillé au Salon des artistes français. Il compte sur l’appui de la préfecture pour défendre les intérêts de la commune mais aussi les siens.

carte postale: monument avec la statue du Poilu

À la séance du 18 août 1921, Le conseil prend connaissance des propos de M. Pierre LE FEUVRE refusant les décisions prises le 29 juin et de la lettre de M. SAIN, statuaire. Le conseil maintient sa position. Le maire rappelle tout l’historique du contrat passé avec M. LE FEUVRE en juin 1921 et donne le montant de la dépense établi par M. FOUBERT, soit 29 370,75F pour le monument, les fondations, les honoraires de l’architecte et la pose de l’entourage avec obus et chaînes. Dans une note du 14 octobre 1921, le préfet se dit surpris que ce projet préparé dès 1919, adopté le 14 avril 1920, n’ait pas été soumis à son prédécesseur en temps opportun ; c’est-à-dire avant de recevoir son exécution. En l’état actuel, il m’est impossible de donner une suite administrative pour les motifs que je vous ferai connaître verbalement si vous voulez bien passer à mon cabinet.

Le 7 juin 1922, le conseil, vu le nouveau rapport de M. FOUBERT, architecte et l’avis unanime de la Commission suite à la visite de M. SAIN, statuaire et exécuteur de la statue du Poilu, rapporte sa décision du 29 juin 1921 acceptant le monument mais refusant la statue du Poilu, et prononce la réception définitive et l’acceptation pure et simple du monument entier, et autorise le maire à mandater la somme due à M. LE FEUVRE, sculpteur. (Arch. dép. Sarthe 2 O 343/11)

La carte postale montre le monument avec une statue de Poilu.

 

Le carré militaire se trouve au bas du cimetière; il regroupe le monument 1870, la stèle pour les 14 tirailleurs sénégalais fusillés par l’armée allemande, des tombes de soldats français et polonais de 1914-1918 et 1939-1945.

Monument paroissial bas de la nef, sous la tribune

Aux soldats de Sillé le Guillaume ….(effacé)

Ce monument paroissial est conçu comme un autel avec une grille à l’avant, fermant l’espace. Une statue de Jeanne d’Arc est posée sur l’autel. Une Piéta est sculptée entre les noms des victimes de la guerre 1914-1918. Les noms et prénoms de 91 soldats sont gravés en lettres rouges, par année, avec l’indication de leur grade. Les noms des victimes de 1939-1945 sont gravés dans la partie basse.

Sur le mur du fond, plusieurs plaques ont été posées.

Guerre 1870-1871 cimetière

A la mémoire des soldats morts

dans les ambulances de Sillé-le-Gme

le comité de secours et les habitants

Les noms et prénoms de 36 soldats avec leur origine sont gravés sur les quatre faces de cette pyramide en pierre, surmonté d’un globe coiffé d’une croix; des noms ont été gravés sur le socle. Trois victimes sont décédées à Rouez et une victime à Rouessé Vassé. Sur le socle, une plaque a été apposée en 1891 par les conscrits et le canton de Sillé.

 

Après la défaite au Mans, le 12 janvier 1871, l’armée de la Loire, sous le commandement du Général Chanzy, bat en retraite. Les conditions de la retraite sont dantesques. La neige et le froid compliquent le déplacement des troupes. Les chevaux creusent la neige, les charrettes s’enfoncent dans la neige obligeant parfois à tout laisser sur place. Tout en reculant, l’artillerie prussienne menace.

Dans la nuit du 13 au 14 janvier, les troupes fatiguées et désorganisées, vont arriver sur le secteur de Sillé. Des troupes arrivent par Saint-Rémy-de-Sillé ce soir-là. Les hommes sont regroupés dans l’église et dans le village. Les rues de Saint-Rémy étaient occupées par des charrettes, caissons, artillerie, voitures à cheval. Le moral des troupes était au plus bas. Le froid oblige les hommes à prendre tout type de bois pour allumer de grands feux dans les rues, à tel point que l’on aurait pu assister au départ d’un incendie.

Défense du secteur de Sillé

La défense du secteur de Sillé s’organise le 14 janvier. Les troupes sont installées dans des fermes situées sur des points stratégiques de part et d’autre de la route du Mans. Côté Saint-Rémy, 300 hommes sont regroupés à Villers et 300 autres à La Philippière. Sur la butte des Essarts, des pièces d’artillerie sont installées. De l’autre côté, l’Aunay et la Laire sont occupées par l’armée de la Loire là encore par des centaines d’hommes. Les hommes qui composent l’armée française viennent de l’Aude, de Loire inférieur, de Vendée, de Bretagne, de la Sarthe et des zouaves c’est-à-dire des troupes coloniales.

Les Prussiens se replient sur Conlie

Le 15 janvier, le combat débute entre Français et Prussiens. A 9 heures, des éclaireurs algériens annoncent l’approche des Prussiens. Les premiers coups de feu commencent à 10 heures. Les combats vont se dérouler le long de voie ferrée entre la gare de Crissé, Touchegane, Fortapore et le Point du Jour. A cet endroit, la voie ferrée est surélevée et sert de tranchée aux Prussiens qui cachés derrière tirent à tout va. Les Français chargent à la baïonnette. A la gare de Crissé, les Français font 20 prisonniers prussiens dont un général et repoussent l’ennemi. A La Laire, les Prussiens prennent la ferme mais buttent sur La Philippière et Villers. Le soir vers 18h30, La Laire est reprise et les Prussiens se replient sur Conlie.

A la fin de la journée du 15, on déplore une dizaine de morts côté français et prêt de 100 côté prussien. Après cette victoire, le but de Chanzy était atteint, à savoir gagner du temps et poursuivre la retraite vers la Mayenne à l’abri des assauts prussiens. Le soir même, à partir de 21 heures, les troupes quittent Sillé. Les derniers partiront à 23 heures. (une partie de l’article paru dans les Alpes Mancelles du 16 janvier 2021)

Guerre 1939-1945 cimetière et boulevard des jardiniers

Ici reposent 14 tirailleurs sénégalais

lâchement assassinés le 19 juin 1940

Les noms et prénoms des 14 victimes avec l’indication de leur date de naissance, sont gravés en lettres dorées dans la pierre.

Une stèle a été érigée sur les lieux où les soldats ont été fusillés.

Le 17 juin 1940, un élément du 208e Régiment d’Artillerie lourde coloniale arrive à Sillé. Il comprend des véhicules automobiles et hippomobiles, quelques canons et toute l’intendance nécessaire à la bonne marche du régiment. De nombreux soldats en uniforme kaki investissent le centre ville aux positions prévues à l’avance. A la gare, plusieurs trains les attendent, les locomotives sont prêtes. L’embarquement commence, les chevaux dans la wagons à bestiaux, les hommes avec armes et bagages dans les wagons de marchandises et voyageurs. Vers 16h, des avions allemands mitraillent le convoi qui part rapidement vers Laval qu’il n’atteindra pas car tous seront capturés le 18 juin.

Dans cette précipitation de nombreux soldats n’ont pu être embarqués le 18; un convoi allemand arrive et ils sont faits prisonniers. Le gradé qui les garde s’aperçoit qu’il y a des soldats d’origine africaine. Prenant des ordres auprès du haut commandement, ce dernier stipule qu’il est établi que des militaires coloniaux ont mutilé d’une façon bestiale des soldats allemands et qu’envers ces soldats indigènes toute bienveillance serait une erreur et qu’ils sont à traiter avec la plus grande rigueur.

Le 19 juin, on les sépare de leurs camarades et on les emmène, entourés de militaires en armes. Passant place de la République, de courageux Silléens réussissent à détourner l’attention des Allemands et sauvent un ou deux soldats africains. Ils arrivent finalement boulevard des jardiniers. On les fait entrer dans cette prairie « le pré Guittet » et se mettre dos au talus. Ils sont fusillés. A la fin de cette abominable tuerie, la section allemande repart d’où elle était venue, laissant les corps sur place.

Le 20 juin au matin, le maire découvre le massacre. Il obtient de la kommandantur de faire inhumer ces soldats au cimetière où ils sont ensevelis dans une fosse commune, les uns à côté des autres. Le 2 décembre 1940, le préfet demande si l’inhumation a été faite conformément aux prescriptions habituelles avec cercueils, à une profondeur réglementaire et avec un emblème d’identification. Le 19 février 1941, les corps sont exhumés et mis en cercueils puis réinhumés le 17 mars en présence d’un officier allemand.

L’inauguration de la stèle restaurée a lieu le 17 avril 1999, en présence de l’ambassadeur du Sénégal, le sous-préfet de La Flèche et de nombreuses personnalités civiles et militaires. (d’après l’article paru dans le journal Les Alpes Mancelles du 26 juin 2020)