Lavoir lavoir sur l'Erve

Un lavoir public était situé au confluent de l’Erve et de la Sarthe. En 1846, la mairie décide d’aliéner ce terrain devenu inutile depuis la construction du pont sur l’Erve.

Lavoir Rue Saint-Nicolas

En 1896, la municipalité vote un emprunt de 26 000F pour un ensemble de travaux dont la construction de deux lavoirs publics, l’un rue Saint-Nicolas et l’autre rue de Laval, pour 6100F. Le décret de déclaration d’utilité publique du 8 avril 1897, a permis l’acquisition des terrains. Le premier, cadastré D761, en pâture, appartient à M. LETROU Jules, jardinier à Sablé. En son centre, une mare, qui n’a de l’eau qu’en hiver, résulte d’une ancienne extraction de sable. Cette parcelle est estimée 160F. Le second, de 90m², en prairie, cadastré A n°399/400, appartenant à M. OPERON Arsène, fossoyeur à Sablé, est estimé 450F par l’agent-voyer.

La construction prévue est similaire avec des matériaux locaux. Les murs sont en grès ou marbre pour les fondations et les élévations. Les bassins sont en maçonneries de briques avec un enduit ciment pour le fond et les parois. Les margelles du pourtour sont en marbre smillé avec une surface ciselée et bouchardée. « LAVOIR PUBLIC » peint en noir au-dessus d’une porte coulissante en chêne et sapin indique la destination de ce bâtiment entièrement clos. Le chambranle de cette porte est en marbre piqué et le seuil, lui est en granit. La charpente en chêne et sapin s’appuie sur les murs et sur six colonnes en fonte creuse de l’usine CHAPPEE, elles-mêmes encastrées dans des dés de marbre smillé. Elle est consolidée par des poutrelles en fer. La toiture en impluvium sur quatre faces est couverte en ardoises « de type petite moyenne ». Des robinets permettent l’alimentation en eau sur le réseau de la ville pour ces deux lavoirs où le lavage s’effectue debout. Les travaux sont adjugés à M. LELASSEUX Jules, entrepreneur à Sablé. La réception définitive se fait le 3 mars 1899 pour une dépense de 6453F. (Arch.dép.Sarthe, 2 O 266/12 et 1 FP 521)

Seul demeure celui de rue Saint-Nicolas, au carrefour avec la route de Précigné. Quatre colonnes aux angles et non six soutiennent la charpente et des tirants remplacent celles du milieu. Il est fermé à clé.

 

Bateaux-lavoirs

carte postale

En 1836, M. LEGENDRE Daniel, charpentier en bateau dans le Maine et Loire, étant sur le point de venir habiter à Sablé, s’adresse au préfet pour solliciter l’autorisation d’établir son bateau-lavoir sur la rive droite de la Sarthe, entre le pont de Sablé et les grands moulins. Cette activité lui « procurerait quelques bénéfices et aurait l’avantage d’être utile aux habitants de la ville, les laveuses y trouveraient toutes commodités et ne seraient plus obligées comme elles l’ont été jusqu’à présent, d’avoir les jambes continuellement dans l’eau ». La ville de Sablé est d’accord pour cette installation mais la préfecture la rejette car elle est nuisible au halage et au débarquement des marchandises. Ce n’est que presque vingt ans plus tard, que des bateaux lavoirs vont prendre place sur la rive gauche, rive de contre halage.

 

En 1854, M. LAVANDIER, établit un bateau de 26m, en aval du barrage, à environ 50m des moulins. Puis trois autres bateaux prennent place dans le port dans les années 1860. Un bateau plus petit, tenu par M. Pierre CAILLOT, lavandier, est amarré à 70m du barrage des lavanderies en 1869. Repris par M. PASQUET, il coule en 1916.

Dans les années 1890, Frédéric TOUCHET, maître charpentier dans le Maine et Loire place un bateau de 28m à proximité de l’écluse en remplacement de celui qui a sombré. En même temps, il loue un terrain en bordure de Sarthe pour servir de séchoir.

Un autre maître charpentier, M. Jean Baptiste POTEL, amarre un bateau de 20m dans lequel il périra en 1927 lors d’une crue. (Arch. dép. Sarthe, 3 S 110)

Accident du 31 janvier 1927

Le bateau-lavoir de M. POTEL était amarré sur la rive gauche de la Sarthe, en aval de l’usine des eaux de la ville. La rivière avait subi une crue assez forte et très rapide. Dans l’après-midi, M. POTEL avait vérifié ses amarres et avec l’aide des voisins, les avait même consolidées. Durant la nuit, les amarres se sont rompues et le bateau s’est échoué sur un fond, à 12m environ de la rive, ce qui l’a fait chavirer. M.POTEL, âgé de 82ans, vivait seul dans ce bateau. Construit en 1894, il était en mauvais état et son propriétaire aurait engagé des pourparlers pour le vendre. Il était estimé 8000F mais il n’était pas assuré.

Quelques jours plus tard, la rivière ayant suffisamment baissé, le corps de M. POTEL fut retrouvé à l’intérieur de l’épave. Le linge des clients fut retiré et restitué aux personnes à qui il appartenait. Son fils s’est engagé à démolir l’épave dans les plus brefs délais. (d’après le rapport de police, Arch. Dép. Sarthe 3 S 110)

En août 1944, quand les Allemands quittent Sablé, ils font sauter le pont et couler l’un des derniers bateaux-lavoirs.

Monument aux morts place devant l'église

Sablé

A ses enfants

morts pour la France

1914-1918

Un soldat au repos, dans une attitude martiale, sur un piédestal large où figurent sur trois faces les noms des 170 soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, par années de combat, veille sur la ville. Les noms sont gravés dans la pierre calcaire. Sur le soubassement deux plaques ont été ajoutées pour la Guerre 1939-1945: 16 militaires, 1 disparu, 4 F.F.I, 14 fusillés, 4 déportés, S.T.O, 3 civils ainsi qu’une petite plaque pour un nom supplémentaire Déportés S.T.O (Rouyer Charles) puis une plaque pour 4 victimes en Indochine et une pour 4 victimes en Algérie.

Des éléments historiques sont gravés dans la pierre. Une flamme du Souvenir Français taillée dans du granit est posée à l’arrière du monument.

Monument paroissial De chaque côté de la porte d'entrée principale

Guerre 1870-1871 cimetière

Aux soldats du canton de Sablé

morts pour la Patrie

en 1870-71 et dans les colonies.

Les noms sont gravés en vert dans le marbre rose de cette colonne sur un piédestal  très ouvragé où se retrouvent les deux inscriptions.

59e section des Vétérans des armées de Terre et de Mer 

Monument élevé par souscription 27 mai 1900

Pour la guerre 1870-71, 46 soldats dans l‘armée active, 43 mobiles et 40 mobilisés ont péri dans ce conflit (cf conférence Stéphane Tison). Une même disposition sur les trois faces: une colonne qui se divise en deux dans la partie plus large.

 

Dix-sept noms pour les victimes des colonies sans précision des lieux ou des dates.

Dans ce cimetière, les restes d’une tombe sans l’entourage traditionnel (loi du 4 avril 1873) pour deux soldats allemands morts durant ce conflit.

Guerre 1939-1945 cimetière

A NOS CAMARADES

MORTS EN DÉPORTATION

Ces mots sont sculptés en relief au sommet de cette colonne en mémoire de 12 victimes de la barbarie nazie.

Le monument a été inauguré le 13 juin 1948 et offert par les anciens déportés de la résistance et leurs amis. Les noms des victimes sont gravés à la base de la colonne et à l’arrière.

Guerre 1939-1945 plaques de rues

Ces 6 plaques de rue sont conçues sur le même modèle avec la croix de Lorraine dans le V de la victoire, A la mémoire de – le nom de la  victime avec ses années de naissance et de décès MORT POUR LA FRANCE DANS LES BAGNES NAZIS.

Raphaël Elizé

Alors que la place portait le nom de Place de la Mairie, la seconde guerre mondiale éclata. En 1941, le conseil municipal adopta à l’unanimité le projet de nommer la place « place du Maréchal Pétain », dernier Maréchal survivant de la première guerre mondiale qui bénéficiait alors d’un immense prestige.

A la libération, le Maréchal est condamné à mort par la Haute Cour en août 1945, puis à la détention perpétuelle par le Général De Gaulle pour avoir laissé déporter sans protester des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Dès sa première séance du 9 août 1944, la délégation municipale mise en place par le Capitaine Christian d’Hervé, investi par le général Koenig, étudie la proposition de Monsieur Pilard de débaptiser la place. Le Président Fernand Lemaire suggère d’attendre la ratification du mandat des conseillers pour prendre la décision. Elle fut prise le 14 août. Plusieurs propositions autres que celles du retour à l’ancien nom furent faites : « place de la Liberté », « place du Général De Gaulle ». Après discussion, la délégation décida de redonner le nom de « place de la Mairie » à la place du Maréchal Pétain. La proposition de Monsieur Pilard de donner la dénomination « place de la Liberté » n’avait recueilli que 4 voix. Les soldats français n’ont pas attendu la décision du conseil pour arracher la plaque au nom du maréchal.

Lors de la séance du 20 août 1945, Georges Mention, maire, a demandé de réfléchir à la manière de rendre honneur aux déportés et aux résistants. C’est lors de la séance du 16 octobre 1945, que le conseil municipal décida à l’unanimité de renommer la place centrale « place Raphaël Elizé », « en signe de reconnaissance des services rendus à la ville de Sablé par Raphaël Elizé, maire déporté, mort pour la France au camp de Buchenwald ».

site de la mairie de Sablé