Lavoir de Quincampoix chemin vers la forêt au carrefour de la D105

Le charpentier du village, en 1904, a édifié le lavoir, suite à des donations successives de trois parcelles de pré de 4 m², au bord du ruisseau des Défais, à la condition que les fermiers puissent y laver gratuitement. Cet abri couvert, avec son système de vannage sur le ruisseau, est estimé 500 F. (Arch. dép. Sarthe, 2 O 212/8 et panneau)

carte postale

D’après cette carte du début du XXe siècle, il était composé d’un bâtiment à un pan avec deux ailes en retour; le tout entouré de bardage et couvert en ardoises. À cette époque le cours d’eau étant beaucoup plus large, une passerelle sur laquelle les laveuses du hameau ont posé devant l’objectif, permettait d’accéder au lavoir situé au niveau de la vanne (partie supprimée) depuis le pont. Des transformations n’ont conservé que la partie centrale.

Restauré en 1992 et réaménagé, c’est désormais un endroit bucolique qui nous invite au pique-nique, à l’abri, sur sa grande table. Chaudron et bassines, garnis de fleurs à la belle saison, ainsi que le poème de J.Y. ROSSO évoquent le souvenir de la lessive d’autrefois.

 

LES LAVEUSES

Dans ma jeunesse, il y avait les laveuses professionnelles

C’était leur métier, elles avaient leur clientèle

Les ménagères, une fois par semaine, lavaient le linge du ménage

Touts ces femmes du bourg et du voisinage

venaient au lavoir communal

Plus anciennement appelé « doué banal »

La source qui l’alimentait en été ne suffisait pas

Il fallait descendre à la rivière deux kilomètres plus bas

Ma mère, le matin, faisait la buée

La laveuse arrivait après déjeuner

On disait d’elles « ce sont les faiseuses de raisons »

Elles dégoisent sur Pierre, Paul et Gaston

On disait aussi plus méchamment

Elles lavent le linge et salissent les gens

Quand il y avait un bal au bourg

Ces commères étaient là tout autour

Si deux jeunes se regardaient de trop près dans les yeux

Elles chuchotaient « Les voyez-vous tous les deux »

Et le lendemain matin, au doué

On les avait vite fiancés et mariés

La pauvre fille était même enceinte avant d’avoir été dépucelée

L’une d’entre elles disait que sa voisine avait une angine

A midi l’angine était devenue une angine de poitrine

Après déjeuner, elles parlaient des poumons et du cancer

Le soir, la pauvre femme était bonne pour le cimetière

Elles connaissaient la richesse des gens

Et à quelques sous près, leur endettement

Si un moyennement argenté

Achetait une propriété

Elles se demandaient comment il avait pu payer ça

Après des heures de débat et ne trouvant toujours pas

Elles parlent de malhonnêteté

Et le soir, le voilà déjà menottes aux poignets

Les laveuses aimaient parler des infidélités

Des femmes légères, des encornées

Mais aussi, des hommes « chauds lapins »

Et ceux qui dans leur culotte n’avaient rien

Elles jacassaient ainsi du matin au soir

Ça partait d’un petit rien pour en faire toute une histoire

Après l’école, mon frère et moi allions aider la laveuse

A remonter au bourg brouette et lessiveuse

Elle restait avec nous diner

Mes parents ne manquaient pas de la questionner

Radio lavoir se mettait alors au travail

Nous savions tout dans les moindres détails

« Ce que je viens de vous dire est la vérité pure

Ça vient de bonne part et de source sûre »

On était obligé de la croire

Puisque tout avait été dit, commenté, analysé au lavoir

La machine à laver a tué cette petite profession

Et à cause d’une grande avancée de la mécanisation

Beaucoup de petits métiers ont disparu et c’est dommage

Car cela nous a amené un terrible fléau, le chômage

Nos laveuses ne sont plus là pour examiner et analyser cette situation

Elles auraient certainement trouvé une solution.

 

 

Lavoir de "la petite Boëlle"

Selon un témoignage, un autre lavoir public existait à 200 m de l’église, au lieudit « La petite Boëlle », sur le ruisseau qui traverse le bourg. Il était entouré et couvert de tôles et pouvait abriter cinq à six laveuses, bien avant les années 1930. Lors de sa démolition, son emplacement a été complètement rebouché et le ruisseau en partie busé.

 

Lavoir de Cordé

carte postale

Le hameau de « Cordé », situé en limite de la commune de Mont-Saint-Jean, a longtemps vécu grâce aux « Forges de l’Aune », de Douillet-le-Joly, au charbon de bois et aux métiers de la forêt. Ces emplois peu rémunérateurs ont sans doute amené Alphonsine LENOIR et sa fille, en 1911, à devenir blanchisseuse puis lingère à son compte et, enfin, journalière en 1931 et 1936. (Arch. dép. Sarthe 2 Mi 289 51) 

D’après un témoin qui y accompagnait sa maman, ce grand lavoir était entouré d’un plessage en genêt. La carte postale montre que cette plante couvrait aussi une partie de la toiture. Une vanne régulait le niveau du Défays, important à l’époque.

Ce lavoir privé a été entretenu par les usagers jusque dans les années 1970.