Carrefour routes de Saint-Hilaire-le-Lierru et La Bosse

plan terrier de Tuffé 1757  Arch.dép Sarthe 2 MI 138

 

Le 10 juillet 1842, l’agent-voyer dresse le devis de construction, sur la Chéronne, d’un lavoir dans l’abreuvoir public. Celui-ci est à l’emplacement de l’ancien abreuvoir des portes de l’Étang du prieuré (plan terrier). Il s’agit de canaliser les eaux qui descendent de « la montagne« , d’édifier un mur sur lequel seront posés des pierres de grès de Bonnétable, pour battre le linge, d’enlever les 60 m3 de boue et de sable qui enlisent l‘abreuvoir et d’établir une retenue d’eau. Ces travaux estimés 415 F doivent employer des matériaux locaux: la chaux de Prévelles, les pierres de grès de Saint-Georges-du-Rosay ou Bonnétable, le sable dans la butte de Tuffé ou dans l’abreuvoir.

 

 

 

plan 1842        Arch.dép.Sarthe 2 O 372/9

sur le plan:

  • AB mur pour le passage des eaux pluviales descendant des montagnes
  • D mur avec pierres pour battre le linge
  • FG murs avec portes
  • TX passage des laveuses
  • TV passage des bestiaux

Mais l’exécution ne suit pas le devis. Régulièrement le Conseil municipal rappelle au maire que ces travaux dont les fonds ont été votés, sont urgents. Il exprime même « un blâme sévère sur sa mauvaise administration » en mai 1844. Le devis a été perdu! A la fin de l’année 1845, un nouveau devis est discuté puis modifié. Le conseil demande une couverture en bons bardeaux au lieu de tuiles car « la maison d’école étant voisine, les tuiles seraient facilement cassées par les enfants qui fréquentent cette école ». Malgré des souscriptions se montant à 3287F recueillies en 1847 pour des ateliers de charité et d’utilité communale, tout reste à faire pour le lavoir. Ce n’est qu’en 1851 que ces travaux seront exécutés en remplaçant le grès par du châtaignier. En 1861, le serrurier M.Eugène BRILLET réalise un barrage avec vanne mobile pour 280F et en 1871, les tuiles remplacent les bardeaux.

En 1891, par suite de la suppression de petits lavoirs publics lors de l’élargissement du chemin vicinal n°8, ce lavoir est devenu insuffisant. Le Conseil municipal approuve les plans et devis de l’agrandissement se montant à 800F pour accueillir une vingtaine de laveuses. Lors de la réalisation de cette aile en retour, des travaux supplémentaires de 273F, sont nécessaires pour remplacer entièrement le plancher et refaire en partie l’ancienne toiture.

En février 1921, pour 4817F, le maçon du village, M.MONTREUIL va cimenter le plancher du lavoir, refaire les maçonneries des piliers de soutien de la charpente et des murs du déversoir, poser un empalement neuf, cimenter les murs et le fond du déversoir. (Arch.dép.Sarthe, 2 O 372/9 et registres de délibérations)

Il est régulièrement entretenu et offre parfois des lavages insolites, comme le lavage des toisons de mouton en juillet 2017.